On parle de notre ami Paul dans " La Voix du Nord" !

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Son premier modèle réduit, il l'a réalisé il y a 74 ans !

dimanche 20.11.2011, 05:02  - La Voix du Nord

 Paul Chapelain, bientôt 82ans, s'est mis au modélisme alors qu'il avait 8 ans. Il s'est spécialisé dans la construction de machines à vapeur. Paul Chapelain, bientôt 82ans, s'est mis au modélisme alors qu'il avait 8 ans. Il s'est spécialisé dans la construction de machines à vapeur.

Pour résumer, il fait partie de ceux dont on se dit, après une première rencontre : « C'est un sacré personnage ! ». Ancien cheminot, modéliste depuis 74 ans, concepteur de machines à vapeur miniatures, sculpteur sur bois, bricoleur tout terrain, le Chapellois Paul Chapelain confirme, quand il raconte sa vie et montre ses oeuvres : « Des comme moi, vous n'en verrez pas souvent ! ».

PAR BRUNO TRIGALET (La Voix du Nord)

Il est né à La Chapelle il y a bientôt 82 ans. « Dans la cité des cheminots, précise Paul Chapelain, car mon père était dans les trains. ». Ce métier de cheminot, une fois son diplôme de tourneur-fraiseur-ajusteur en poche, deviendra aussi le sien. « Je suis entré à la SNCF en 1955 comme apprenti mécanicien, à une époque où presque toutes les locomotives étaient encore à vapeur, avant d'aller au matériel et de finir comme chef d'équipe à Lens » résume-t-il. Mais la passion de Paul Chapelain pour le modélisme remonte plus loin : « J'ai commencé le modélisme à l'âge de 8 ans. Je faisais des trains, des bateaux, des avions. Mon père m'avait prévenu : tu n'achètes rien. Alors j'ai construit avec du matériel de récupération ». Et plus de 70 ans après, Paul Chapelain n'achète toujours rien. Dans sa maison de la cité Ruyant, à La Choque, où il vit avec sa femme Marie-Aimée et où ont grandi leurs cinq enfants, les objets réalisés par Paul sont partout. Sur la table de la salle à manger, il vient de sortir ses machines à vapeur miniatures, celles-là même qu'il va exposer pour le Téléthon (*). « Regardez, dit-il en désignant la coque de zinc d'une reproduction fidèle de Liberty Ship de la Seconde Guerre mondiale, ça, ça vient de la toiture de ma voisine ! » Juste à côté, il y a une de ses machines à vapeur : « La chaudière, je l'ai faite à partir d'un obus. On met de l'eau, on chauffe avec une lampe à alcool, on met la pression à 8 bars et c'est parti pour trois quarts d'heure ». Ses machines équipent, pour la plupart des bateaux à coque métallique. Il y a donc un Liberty Ship, le « Steam », un bateau britannique de 1860, dont il s'est procuré les plans. Tous sont radiocommandés. « J'aime bien naviguer, explique celui qui a fondé le club de modélisme d'Armentières il y a plusieurs décennies, avant d'adhérer à celui d'Houplines, mais ce que je préfère, c'est la conception ».

Burette et pompe

« Venez voir ! », dit-il en traversant la maison pour aller, à l'autre bout du jardin, dans son atelier. Ici, il y a un tour et une perceuse. Et un incroyable capharnaüm. Sur une table trône la coque d'un bateau. En quelques minutes, il assemble les autres parties et intègre sa machine à vapeur : « Ça, c'est le Jacques, la reproduction d'un remorqueur de Seine, qui allait du Havre à Paris. Comme pour les autres, il n'y a que le manomètre de la machine que j'ai acheté. Toutes les pièces métalliques, toutes les pièces de bois, je les ai travaillées moi-même. Eh bien, un jour, il y a quelqu'un qui m'en a proposé 5 000 E ! Mais non, je ne fais pas ça pour ça ».

Ses bateaux, ses avions, il y en a beaucoup chez lui, dans des présentoirs ou entreposés dans son atelier. Il en a aussi donné beaucoup à ses proches, ses enfants, ses amis. Des objets de modélisme mais aussi des sculptures sur bois, un talent qu'il s'est découvert il y a plusieurs années et qu'il met à profit pour réaliser des bas reliefs. Il y a aussi un tas de petits objets en métal : la reproduction de quelques centimètres de la burette du graisseur SNCF ou une minuscule pompe (genre pompe à eau de jardin) équipant une bouteille d'alcool... Rares sont aujourd'hui les modélistes qui, comme Paul, font tout à la main : « Avec les robots et les ordinateurs, ce dont j'ai peur, c'est qu'il y ait la perte de savoir de la main humaine ».

Une jolie expression car c'est vrai que des mains comme celles de Paul « savent ». Et dans son cas, on peut même dire qu'elles sont « savantes ». •

Paul Chapelain exposera plusieurs machines à vapeur et bateaux à l'occasion du Téléthon (les 3 et 4 décembre au restaurant scolaire de La Chapelle).

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